Samedi 4 avril 2009
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18:14
(Ceci est mon 500ème post. Quand même! J'en profite pour remercier tous ceux qui me font régulièrement le plaisir de leur
visite: ma chère, querida y beloved Al; Alex Chancelier d'Alpasyrie ; le délicieux Delicious; Lucy la globe-cooker; la coquine (!) Nine; Betty et ses facéties; le wigolo NicMo ; Stéphanie (qui a un joli prénom) vancouverite d'adoption, et le nouveau (et bien)venu Alex... plus d'autres que je m'excuse d'oublier. Bises à tous)
Bref.
On a tendance à penser qu'on est assez proches culturellement des Anglais et des Américains. Après tout on est tous occidentaux, européens
même en ce qui concerne les Britons (mais si, mais si), issus de pays riches etc.
Bé en fait nan.
(Et là, je vous invite à un peu de culture vexillologique)
La star spangled banner de nos amis les Ricains. L'Union
Jack britannique.
On a PLEIN de différences. Pas des trucs aussi flagrants sans doute qu'entre un français moyen et un villageois mongol (par
exemple). Plutôt des trucs triviaux (au sens de banal), souvent rigolos, parfois agaçants.
Pour pratiquer fréquemment le Rosbif et l'Amérloque (et là je précise tout de suite que je les aime, hein, entendons-nous bien, je les kiffe. Surtout les
Rosbifs (!) et en tant que fan de séries américaines (souvent très révélatrices) je crois être en mesure d'établir une petite liste de certains détails qui nous séparent. Dans le désordre, enfin comme ça me
vient quoi.
a) Le dating et le sexe.
- Pour un Anglo-Saxon, on ne doit pas s'embrasser au premier rendez-vous (peuhlease no, shocking!) on continue de s'évaluer au
deuxième et au troisième , avec graduellement dîner aux chandelles, fleurs, tout ça dans un ordre précis, et on envisage éventuellement de coucher au quatrième. Pas avant. En revanche,
l'Anglaise ne dira pas non à un petit quickie ou one-night-stand (coup d'une nuit) de temps à autre. Moi je dis
c'est pas logique.
- La monogamie. Anglais ou Américains peuvent sortir avec la même personne pendant un long moment avant que
la notion d'exclusivité n'entre en jeu. C'est-à-dire qu'implicitement ils peuvent continuer à couchailler à droite à gauche. En revanche le
jour où on se déclare "monogame" on se réserve de fait à une seule personne. En résumé, baiser avec quelqu'un régulièrement ne signifie pas avoir une
relation avec cette personne. Weird isn't it?
- Le french kiss. Ah ça, c'est notre gloire et aussi la marque de notre concupiscence. "Did he french-kiss you? Wow how hot!!!" Alors là moi je dis: comment
fait-on pour s'embrasser sans la langue après, disons, l'âge de 11 ans? Mystère. Apparemment pas pour nos amis d'outre-Manche et Atlantique.
Soupe de langues à la française
- Le "plus-one". Vu et entendu par beaucoup dans "Sex and The City par exemple, c'est un concept qui permet d'aller à une soirée, une fête, un mariage, avec
quelqu'un dont on n'a pas encore bien défini la situation en le/la qualifiant de "mon plus-un". Au lieu de dire tout connement qu'on sera accompagné.
Devinette: lequel sera son "plus-one" au bal de promo?
b) Le rapport au corps
- Parler du corps est assez tabou chez les Anglo-Saxons. Pas tellement le montrer, non, en parler.
Anecdote: je vais à la plage avec une bande de copains anglais. L'un d'eux est nouveau parmi nous et on papote. Il me dit qu'il fait de la natation en compétition. Arrivés sur
le sable tout le monde se met en maillot. Bon. Au bout d'un moment je dis en toute innocence à David (le nageur) "tu as les épaules larges, ça se voit que tu fais de la
natation". OMG. Tout le monde rougit, les filles (anglaises elles aussi) gloussent d'un air
horrifié et me conjurent de me taire. Quant au mec il essaie de disparaître dans le sable. Mais ho hé, allô! J'ai pas parlé de son zgoug, j'ai juste mentionné ses
épaules. Qu'est-ce que ça serait si j'avais dit "purée, t'as un sacré paquet mon gars"? Et plus j'essaie de me
justifier,d'expliquer, pire c'est. Comme si je débitais cochonnerie sur cochonnerie. O.k guys, forget it.
- Alors que les américains se font des hugs à tout bout de champ, ils ne comprennent pas qu'on se fasse la bise pour se dire bonjour entre amis. This is way too
much.
- MAIS il est en revanche tout à fait banal de raconter en société et en détail ses histoires de Q, ou de branlette pour les mecs. Haha, it's so funny.
c) L'alcool
- Les anglaises boivent comme des trous. (Les anglais aussi n'en doutons pas mais je trouve que c'est plus remarquable concernant les filles). Je ne dis pas que les françaises ne se saoûlent pas de temps à autre mais pour les anglaises
c'est quasiment culturel. Un truc à fêter, un malheur, une simple sortie: on va au pub et on se pète la gueule. Et bien comme il faut hein. Suffit de voir Bridget Jones (quelle conne) elle est bourrée comme un coing dès la deuxième scène du film. Et je parle même pas du bouquin. D'ailleurs pour qui lit de la
chick-lit anglo-saxonne c'est un fait avéré: les anglaises sont alcooliques. Si. Et tout le monde trouve ça normal.
Quand elle est déprimée (souvent), BJ boit. Trop. Et se met du papier alu sur la tête.
Dans notre folle jeunesse je
pensais que l'Homme dépassait les bornes quand il sortait avec ses potes et rentrait (complètement) blindé (blind drunk, c'est le cas de le dire). Puis j'ai vu mes cops anglaises se mettre carpette tous les soirs, chez elles. Social drinking, qu'elles disaient. Mouais.
"Social" chez soi à deux ou trois... j'aurais plutôt dit pathétique. Et finir à la langue le bocal de cerises à l'eau-de-vie c'est pas vraiment le genre de comportement qu'on adopte en société, pensais-je.
Anglaise en plein social drinking.
Anglo-Saxonne cultivant sa social laïfe.
On commence ici à découvrir le binge drinking mais ça existe depuis des lustres chez les Britons.
Après social drinking.
- Si vous êtes Anglaise ou Américaine vous pouvez arriver au boulot en retard et la tête dans le cul et déclarer au boss que vous avez la gueule de bois.La hangover est
une excuse parfaitement valable, voire respectable. J'imagine ça en France. "Bonjour (burp), heu excusez-moi mais je me suis mise minable hier soir alors je vais pas être très efficace
aujourd'hui".
J'ai d'ailleurs lu cette semaine dans le Times qu'une femme accusant son mec d'une nuit de viol avait été déboutée, car si toutes les femmes ayant trop bu
et qui retrouvent un gars inconnu dans leur lit l'accusaient de viol on s'en sortirait plus (...)
- Dans le même ordre d'idées on considère quelqu'un comme un(e) véritable ami(e) s'il/elle vous tient les cheveux pendant que vous vomissez (après avoir bu évidemment). C'est significatif, non?
d) les rituels du mariage
- La demande ou proposal. Pour une Anglo-Saxonne, le futur doit se comporter en Prince Charmant quand il "propose". Il est impératif que la demande en mariage se fasse
genou à terre, dans un endroit romantique, un écrin à la main. Je sais ça (me) paraît complètement cul-cul mais c'est comme ça.
Will you marry me?
- Le dîner de répétition. D'où sort cette idée d'une répétition avant le jour J? Chais pas. Mais en G-B et aux US,
c'est traditional. Donc, quelques jours avant ou mieux la veille du grand jour, tout le monde se retrouve pour faire comme si que mais en fait non. Moi je dis beaucoup de bordel et de frais pour pas grand-chose.
"Tu crois pas qu'avec nos tronches on pourrait éviter en plus de répéter?"
- La bridesmaid et le best man. Pour moi, les demoiselles d'honneur c'est des petites filles qui tiennent
la traîne de la mariée. Pas chez les Anglo-Saxons, houlà! C'est autrement plus sérieux. Les demoiselles d'honneur obéissent toutes à la bridesmaid en chef, qui a la
charge de presque tout à la place de la mariée: s'assurer que la robe est prête, que les invités seront placés comme il faut, que les fleurs sont joliment disposées,et qu'il
y aura des confetti spécial mariage à la sortie de l'église. Très important les confetti. Les robes des demoiselles d'honneur sont choisies par la
mariée et sont généralement toutes de la même couleur.
L'Homme et moi nous sommes mariés à la mairie, sans demoiselle d'honneur, et j'ai bien vu que pour mes copines britiches c'était pas comme un vrai
mariage.
Bien qu'anglaises et (donc) ivres mortes les bridesmaids ont gardé leurs culottes. Bel exploit.
Le best man, ou témoin du marié, s'occupe des alliances et fait un discours très attendu et très codifié: un peu d'irrévérence mais pas trop, des
allusions au passé du marié, de l'humour, bref, c'est tout un art.
Je possède un manuel in English intitulé "the Wedding Etiquette Properly Explained" et je vous garantis que ça vaut son pesant de cacahuètes.
Le marié tiendra bientôt les cheveux de la mariée. Pour l'instant il tient autre chose.
e) Le thé.
Ca a l'air d'un cliché mais c'est vrai. Pour un Anglais, il n'y a rien qui ne puisse être résolu/consolé/soigné par "a nice cup of tea". Surtout sur le
terrain, je veux dire en Grande-Bretagne. Vous arrivez en larmes, on vous fait asseoir et on vous prépare une bonne tasse de thé with a cloud of milk of
course. Ensuite seulement vous pouvez commencer à partager vos soucis avec votre ami(e) et envisager des solutions. La cup-of-tea, c'est la panacée universelle. RIEN n'y résiste.
"O.k darling, have a nice
cup of tea, and then we'll talk".
C'est tout pour aujourd'hui mais je trouverai sûrement de quoi faire une part. 2
So see ya!
Par Nanou
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