Voyons, de nouveau quelques petites récapitulations sur ces derniers jours.
Jeudi dernier, l'après-midi que je redoutais au Pyla. Eh bien j'ai pas été déçue (enfin, si, désespérée même), puisque tout s'est passé comme je l'avais prédit: pas trop de souci durant le trajet, arrivés là-bas ça allait encore et puis on est montés. C'est dur hein, faut pas croire (110 mètres de haut, et c'est raide) mais je l'ai déjà fait des dizaines de fois. Pas dernièrement, c'est vrai. Je suis arrivée en haut sans trop de peine mais intérieurement je ne cessais de me répéter que vu mon état de fatigue générale j'allais pas y arriver, me trouver mal en cours de route etc. Les enfants ont commencé à jouer, il y avait pas de raison précise pour que ça aille mal mais d'un seul coup j'ai pensé à la descente et au retour à la voiture à effectuer toute seule "si jamais"...et vlan, ça y était! J'ai demandé les clés de la voiture à F.qui s'est débrouillé tout seul avec les 3 gosses et je suis redescendue le souffle court, en titubant, prête à tomber dans les pommes à chaque seconde. Le pire a été d'atteindre la voiture parce que j'avais la sensation de marcher sur un chemin gondolé, tout était brouillé et je ne parvenais plus à aligner deux idées. Une crise classique pour moi quoi. Mais toujours aussi terrifiante. Une fois dans la voiture (= dans un espace "familier") je peux essayer de nouveau de respirer plus normalement, en un mot je reprends mes esprits. Mais c'est comme après une perte de connaissance, je reste fragile pendant quelques temps ensuite: en rentrant on s'est arrêtés à un belvédère et il y avait environ dix mètres de dénivelé à descendre par des escaliers pour être au bord de l'eau. Je me pensais assez rétablie pour le faire mais à peine avais-je posé le pied sur les premières marches que les symptômes sont ré-apparus. Cette nouvelle crise et cet échec d'une sortie en famille m'a complètement déprimée. J'avais terriblement honte aussi vis-à-vis des filles et de F.Mais surtout je suis malheureuse et épuisée par ce stress permanent.Dans la voiture pendant mon moment de solitude j'ai écrit un mot à F. pour tenter de lui dire ça.
Et puis j'ai pris rendez-vous chez un psy pour le mois de juin, recommandé par la psy que je voulais recontacter mais qui, débordée, ne prend plus de nouveaux patients.
Vendredi mes parents ont emmené les filles pour deux jours à La Rochelle, j'ai bossé et F. est allé courir et faire du vélo.Samedi nous avons fait un peu de shopping F. et moi: des petits cadeaux pour Pâques pour les filles, plus les chocolats apportés par les Cloches, et un pantacourt et des guizmos pour le vélo de F. En rentrant, il m'a dit qu'après avoir lu mon mot il était allé voir des sites sur le sommeil, les angoisses et tout ce que je lui décrivais sur Internet et il a analysé la situation de façon assez juste. Il pense que je prends trop de médicaments dont certains me mettent dans le potage (vrai sur toute la ligne) et aussi que je dois reprendre un rythme de vie plus "normal". Je lui ai dit O.K mais j'ai besoin de toi et surtout je ne peux pas le faire d'un seul coup. Donc en principe cette semaine comme il est toujours en congé il me pousse et m'encourage à venir me coucher plus tôt, progressivement. Je suis très contente qu'il ait parlé et aussi de voir qu'il assimile bien le problème et le comprend. Toutefois je ne peux pas lui faire subir ce genre de trucs tous les 4 matins et je dois faire des efforts. C'est vrai qu'à ce sujet il se montre très compréhensif, même s'il ne peut pas complètement comprendre (personne ne peut, à part la "victime"). Je suis contente de l'avoir à mes côtés pour ça (entre autres (:-)
Les parents ont ramené E. la fille d'une de mes cousines dans leurs bagages. C'est l'idole de Mo qui la trouve "encore plus belle que Sarah Delgado"( c'est la petite qui joue dans "Moi César, 10 ans..."). Et avec Lili aussi elles s'entendent bien.Elles n'ont que deux ans de différence.
Dimanche, resto pour les 80 ans du grand-père de F. Là non plus je ne me suis pas sentie très à l'aise mais j'étais clairement en manque de sommeil et je sais que ça venait de là. C'était bien mais un peu long pour les filles comme repas. Ensuite on est allés un peu chez les grands-parents faire la chasse aux oeufs et même si j'étais pas au top c'est toujours craquant de voir les nanas chercher excitées comme des puces. Même Lili qui n'y croit plus s'éclate bien.
Lundi les Cloches sont passées dans notre jardin:
"Elles sont cool les Cloches de chez nous!" puis repas chez mes parents avec mon frère ma belle-soeur et ma nièce. Encore passé la journée la tête dans le c-- pour cause de mauvais sommeil, mais sinon c'était sympa.
Aujourd'hui journée seule puisque F. a accompagné Lili qui va passer quelques jours chez mes beaux-parents, avec Mo et E. J'ai un peu bossé puis rangé du linge et trié des fringues que je ne mets pas pour donner à E. celles qu'elle veut. Ce soir E. dort à la maison et demain on ne sait pas encore quel est le programme. En temps normal je lui proposerais d'aller faire du shopping mais bien sûr j'ai peur d'avoir un malaise... Alors on va voir.
Je commence déjà à paniquer pour les vacances d'été. Au train où vont les choses je vais rester enfermée dans l'appart. A vrai dire à cet instant c'est ce que je voudrais faire, en ne sortant que pour aller un peu à la piscine. Je suis pathétique. En plus le copain que Lili s'est fait là-bas l'an dernier revient un peu exprès pour la voir et avec ses parents on doit faire plus ample connaissance et j'appréhende déjà. Je ne me reconnais pas: moi qui adorait rencontrer des gens, qui était quelqu'un de plutôt très sociable, qui adore bavarder j'en suis réduite à souhaiter sortir le moins possible! J'ai vraiment "régressé"...Je disais l'autre jour à F. qu'il y avait eu des périodes de bien mieux, et c'est certain vu qu'il est resté des années sans savoir que je souffrais de ce syndrôme anxieux. En gros je parvenais à contenir les choses jusqu'à la naissance de Lili. Soit j'ai eu peur de cette nouvelle et énorme responsabilité, soit le problème que j'ai eu aussitôt après l'accouchement m'a tellement choquée que ça a réactivé mes angoisses. Ou les deux. Ceci dit depuis la première crise elles n'ont jamais complètement disparu.
Jeudi j'ai une interview prévue et pour la fin de semaine F. veut nettoyer un peu le jardin. Je voudrais bien réussir à l'emmener à la piscine. Mais comme c'est moi qui insiste s'il vient il faut que j'assure, ce qui me stresse et bon...On connaît la suite.
Pffou...J'ai l'impression qu'avec ces satanés problèmes mes posts tournent en rond et se ressemblent tous.Je vais bientôt puiser dans mes réserves "brouillons" pour passer à d'autres sujets. Alors courage si vous me lisez!