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De l'eau dans le gaz (part one)

Je vais encore me faire des amis dans le voisinage.

Bref résumé des faits: l'été 2004 les co-propriétaires riverains du bois qui jouxte ma maison et les leurs dans notre lotissement ont "voté" à la va-vite l'érection d'un mur barrant l'accès au bois pour cause de nuisances sonores. En clair ils voulaient empêcher les "jeunes en scooter" de passer dans "leur" bois. Un mur a donc été monté, malgré les nombreuses protestations de gens de tous âges pour qui ce passage dans le bois était soit une balade agréable, soit un accès rapide aux arrêts de bus tout proches, soit, plus important, la possibilité pour les jeunes de se rendre au lycée et au collège voisins en 5 minutes et en toute sécurité. Depuis le mur, impossible de passer en vélo ou avec une poussette, de l'enjamber_pour les personnes âgées_ et encore moins de traverser le bois en scooter. Collégiens et lycéens doivent donc faire un grand détour et surtout emprunter une route très fréquentée et dangereuse pour se rendre en classe. Mais c'est sûr, on n'entend plus de scooters. La mairie (qui a parfois son rôle à jouer (:-) ne pouvait pas faire grand-chose, s'agissant d'une propriété privée (enceinte du lotissement) mais était bien embêtée par l'affaire qui avait fait grand bruit grâce (!) à moi: j'en avais fait un papier. Le plus lu depuis que je bosse pour le journal!

Depuis lors il y a deux camps dans la résidence: les pro- murs ( vieux fachos minoritaires mais qui hélas sont majoritairement riverains dudit bois) et les anti-murs (ceux, très nombreux,  qui souffrent de ne plus pouvoir profiter du passage). Et il se trouve que les plus farouches pro-mur sont mes voisins directs. Ils me détestent à cause de l'article (pourtant neutre, comme il se doit) qui d'après eux a attiré l'attention sur cette histoire alors qu'ils sont dans leur bon droit.

Bon. Aujourd'hui ça sentait le gaz dans notre rue. Fort. Une voisine appelle les techniciens de Gaz de Bordeaux qui diagnostiquent une fuite très sérieuse. Toujours à l'affût d'une brève ou d'un écho local à écrire je me rends sur les lieux (à 50 m) avec mon appareil photos. Je réalise que pour accéder à la vanne qui fuit ils sont en train de détruire le mur. Il y avait là, en plus des techniciens au travail un couple que je n'avais pas reconnu. Je dis bonjour à la cantonnade puis me présente et demande au type qui travaille près de moi l'autorisation de prendre une photo. Là la bonne femme explose: "non ma p'tite je vous l'interdis, c'est une propriété privée". Ma voisine la facho pro-mur. Moi:! "Hé, vous êtes bien agressive vous" Elle répète, m'imitant et me singeant comme font les gosses de quatre ans avec une voix de vieille folle: "vous êtes bien agressive vous gnagnagna". Ridicule. Je lui dis que je me fous de sa pemission et là son mari prétend m'empêcher de prendre ma photo en se mettant devant l'objectif et en me "montrant son cul" . Je précise qu'ils ont environ 70 balais; ça vole haut. Je persiste: "je prendrai cette photo, il y a une fuite de gaz importante et je veux en parler". Et là l'argument qui tue "On a eu l'assurance que le mur serait reconstruit à l'identique alors pas la peine de vous réjouir". ILs ne pensaient qu'à leur putain de mur. Rien à foutre que le lotissement saute ou qu'il y ait le feu, tout ce qui les préoccupe c'est qu'on reconstruise leur mur de merde au plus vite. Et pour faire bonne mesure ils ajoutent "Vous n'avez pas votre mot à dire de toutes façons, vous n'êtes que locataire". Délicieuse mentalité. Sur ce je leur ai dit de rentrer dans leur belle maison de riches propriétaires et ils ont répliqué une longue phrase où il était question de "nullasse, torchon, pauvre fille". Tout ce que j'aime. Un peu plus tard je suis allée parler au chef des opérations qui a déclaré que le mur ne devrait pas avoir été construit là et ne pourrait en aucun cas être rebâti au même endroit puisqu'il  avait tout simplement été construit SUR la vanne du gaz sur laquelle il a d'ailleurs laissé une très nette empreinte incurvée, provoquant peut-être, par son poids, la fuite. Pour lui il est donc hors de question de ne pouvoir avoir accès au réseau qui s'étend plus loin dans le bois. Il l'a dit fermement à mes charmants voisins qui étaient revenus se mêler des débats, craignant encore pour leur précieux mur.Après réparation le trou dans le sol a été rebouché mais le mur a bel et bien disparu, ce qui a déjà réjoui plus d'une personne. Voyant la tournure que prenait les choses dans le voisinage quelqu'un a suggéré de demander la médiation de la mairie. Je connais bien la personne ad hoc puisqu'il m'avait demandé lors de la construction du mur de le tenir au courant de tout ce qui pourrait se produire de nouveau ayant un rapport avec cette histoire. Je l'ai donc appelé et ai expliqué la situation. Quand j'ai dit "ils ont détruit le mur " il m'a répondu "très bien, une bonne chose de faite" et a décidé d'envoyer un technicien municipal sur place. Le problème c'est toujours cette histoire de propriété privée.Pour l'instant le passage est de nouveau libre mais je suis certaine que les fachos inconscients vont le faire reconstruire fissa sans écouter les avertissements.Et le jour où ça pétera...ils s'en foutent d'avoir des morts sur la conscience, ils seront probablement eux-mêmes au cimetière.Et là c'est sûr ils n'entendront pas les "jeunes en scooters".

Faire passer sa petite tranquillité (= sectarisme anti jeunes) avant la sécurité et l'intérêt collectif ça me dépasse.

Mais on n'en a jamais fini de découvrir qu'on est cernés par les cons. 

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