Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Chronique(s) de l'angoisse

Je n'ai rien dit là-bas et rien écrit jusqu'à présent mais encore l'autre jour à Lacanau je me sentais mal. Tout me paraissait hostile et "unfamiliar", la crise rôdait autour de moi comme une sale bête qui voudrait m'emmener dans son antre sombre et effrayant. A l'intérieur de moi au lieu de tendre vers l'extérieur. C'est ça. J'ai commencé à faire un château de sable avec Mo mais je me sentais m'éloigner de plus en plus. J'ai depuis quelques années cette image d'une "main noire" (la Mano Negra(:-) qui serait tapie dans un coin (de ma tête?) et toujours prête à m'agripper pour m'entraîner, m'aspirer vers la crise.

Lisa-Marie était encore mal remise de son angine alors j'ai sauté sur l'occasion pour lui proposer un peu de shopping parce que j'étais sûre que si je restais sur la plage ça me tomberait dessus. Donc on y est allées mais Franck était pas très content: on allait à la plage tous les quatre et au bout de 20 minutes on se splittait déjà en deux groupes. Ca c'est un peu arrangé dans les boutiques mais je me sentais toujours déconnéctée du réel et vulnérable.

Ce week-end j'ai frôlé le malaise plusieurs fois lors d'une expo que je couvrais. Tant que je me baladais seule ça allait mais dès que des gens venaient me parler ma vue se brouillait et mes oreilles bourdonnaient. Obligée alors de me précipiter sur mon portable en bredouillant "excusez-moi un message" pour créer une diversion et tâcher de reprendre mes esprits.Quand la crise arrive je me dis souvent qu'il me faudrait une bonne gifle, quelque chose pour me reconnecter à la réalité. C'est pourquoi il m'est arrivé de me pincer jusqu'au sang et même de jeter la bagnole dans un fossé pour arrêter cette spirale descendante vers...Je ne sais pas je pense que c'est comme quand on perd conscience, même si jusqu'à présent ça ne m'est jamais complètement arrivé (et je touche du bois pour que ça continue). J'imagine que c'est aussi le même genre de malaise que quand on est défoncé. Sauf que moi ça me fait pas rire. Du tout. Je plane mais c'est un mauvais trip.

Maintenant même quand j'ai pris un calmant sachant que je suis "exposée" je suis mal. C'est ça le problème: depuis que ces fichus cachets m'ont trahie je n'ai plus cette béquille chimique sur laquelle me reposer en me disant "je suis parée j'ai pris un truc". Avant ça marchait très bien. Et je suis certaine que même avec des placebos ça aurait marché. C'est juste la foi que j'y mettais qui comptait. Mais depuis que je me suis rendue compte que des attaques de paniques étaient possibles même avec les médocs je n'ai plus de solution. Peut-être d'ailleurs que je me suis créé cette situation d'échec et de faille dans mon système pour encore une fois connement tester mes limites.

Sûrement même. Comme avec le sommeil. Je continue à me coucher trop tard et après je suis mal. Ce matin c'était horrible. Je m'étais endormie vers 3.30 du matin et j'étais seule avec les filles donc debout vers 8.30 (et encore, Lili a commencé à faire déjeuner sa soeur). J'étais complètement déphasée, irritable et déprimée. Les petites m'énervaient, je n'avais qu'une envie me coucher et dormir sans que personne ne me demande rien. Je me demande par moments si je vais pas appeler un psy pour qu'il me mette en cure de sommeil. J'ai fait la sieste (1h30) avec Mo cet après-midi mais je m'en veux parce qu'il faisait beau et que j'aurais pu l'emmener se balader. Quand c'est comme ça j'ai honte et je me déteste.En plus avec ces horaires débiles je perds du temps dans mon boulot, j'ai un emploi du temps totalement désorganisé, c'est du n'importe quoi.

J'ai peur d'aller en interview, demain j'ai une réunion au journal et j'ai déjà une grosse angoisse à l'idée d'être assise dans la salle de rédaction avec tous les autres. Coomment fuir sans donner d'explication si ça va mal? Le plus ironique bien sûr, c'est que je sais que si je n'y pense pas tout se passera bien. Comment faire pour tenir ces pensées et ces craintes ridicules et qui me pourrissent l'existence à distance?

Il y a un peu plus d'un an je faisais toutes les petites activités de la vie quotidienne, même si c'était dur. Maintenant la seule idée de sortir me panique et me rend malade.

Et pour cet été...Je ne sais pas si je vais y arriver. Je ne me vois pas du tout sur la plage (rien que l'idée m'angoisse) encore moins en balade, bref il faut que j'en parle avec Franck. Ou alors il ne faut justement pas en parler. J'ai cru qu'en parler autour de moi m'aiderait mais je me rends compte que depuis que je l'ai fait ça a empiré. Donc peut-être que parler de ce truc c'est lui donner trop d'importance. Avant, quand Franck ne savait pas (enfin pas tout) je jugulais pour qu'il ne se rende pas compte, pour ne pas avoir à expliquer. Et j'y arrivais. Maintenant dès qu'on est quelque part je lui demande toujours les clés de la voiture pour les avoir sur moi au cas où...Et ça loupe jamais. C'est minable.

J'en ai parlé à presque tout le monde autour de moi alors ça me donne des raisons de laisser venir les crises. Est-ce que c'est ça? Je ne sais pas mais je voudrais trouver une solution sinon je vais finir cloîtrée à la maison.

C'est ce qui m'attend si rien ne change.Et ça me fait peur.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
C'est amusant, parce qu'il m'est déjà arrivé de me réfugier... correction : il est déjà arrivé que mon subconscient m'entraîne vers un refuge dans certaines situations stressantes (concert dans une salle), une espèce d'état second où je n'avais plus conscience de rien, ni de l'endroit où j'étais, ni des gens qui m'entouraient, ni de ma peur, ni (ce qui est plus gênant) de la musique. Mais je ne me souviens plus si je devais écrire quelque chose dessus ou pas, je crois que non, heureusement, sinon... je n'aurais pas trop su quoi dire !
Répondre