Dimanche dernier a vraiment été un bloody Sunday. Lundi et mardi un peu mieux. Il faut dire que j'ai beaucoup bossé, beaucoup écrit et peut-être que ça m'a empêchée de trop cogiter.
Dimanche ce n'était pas tant l'angoisse que la déprime. Dès le réveil, envie de rien ou plutôt marre, presque dégoût de tout. Grosse crise d'aquoibonisme. Dans ces cas là je suis une boule de nerfs, tout m'agaçe, rien ne me semble valoir la peine alors je suis désagréable, irritable...et irritante pour les autres, je le sais bien. J'ai tendance pour me défouler à aller trop loin verbalement et donc à dire des choses que je ne pense pas ou du moins que je regretterai par la suite. F. n'a pas apprécié et m'a dit qu'il en avait plus que ras-le-bol de mes histoires. Il a employé des termes plus grossiers mais en clair il voulait dire qu'il avait sa dose.Et moi qui teste encore: "je crois que je devrais me faire interner. De toutes façons ce serait mieux pour tout le monde que je parte". Lui:"si tu penses que c'est mieux alors oui, pars quelques temps". Bon je l'avais un peu cherché mais BOUM! Juste ce qu'il me fallait. Je comprends qu'il en ait marre, il assume déjà beaucoup de choses mais là je suis quand même tombée de haut. Vraiment parfois j'ai l'impression que ce qu'il advient de moi ne lui fait ni chaud ni froid.
D'ailleurs il est du genre qui n'a jamais ni trop chaud ni trop froid, ni trop faim ni trop soif, bref on le pose et il est content... euh, j'ai pas déjà écrit ça au sujet de sa mère?
Enfin, j'ai fait mon sac sans avoir la moindre idée de l'endroit où j'irais car j'ai beau en parler et le redouter je n'ai aucune envie d'être internée. J'ai imprimé les articles sur les troubles anxieux trouvés sur le Net et quelques posts de ce blog sur le sujet. Je les ai passés à F. mais j'ignore s'il les a lus. Finalement je suis allée faire un tour à un tournoi de judo que je devais couvrir et ça m'a un peu distraite mais dès que quelqu'un tentait de me parler en tête à tête scénario classique de début de panique. Bon, je me suis fait draguer par deux mecs du club de judo, ça m'a au moins un peu rassurée sur mon apparence. Cela dit ils ne me plaisaient pas du tout. Dommage (:-) Mais bon on est humain(e), ça fait toujours plaisir.
Mes parents avaient emmené les filles au lac de Carcans et à leur retour j'ai passé la doc à ma mère qui m'a promis de la lire et de m'en parler. Ce qui fut fait lundi. En fait elle m'a écrit une lettre reprenant certains passages en les commentant mais finalement elle m'a lu la lettre de visu et on en a discuté. Elle m'a dit pas mal de choses pertinentes et intéressantes. En revanche le truc que personne ne comprend c'est que bien que j'utilise les mots révélateurs "frôler" la crise, "faillir m'évanouir" ça ne suffit pas à me convaincre que ça n'arrivera jamais. A chaque nouvelle crise je pense (autant que je sois en état de penser dans ces moments là), je sens que c'est peut-être maintenant, là que ça va se passer. Elle pense aussi que je dois vraiment voir un psy, car j'ai besoin de l'aide d'un professionnel MAIS que je ne suis pas folle (ouf!). On a un peu ri parce que je lui ai raconté que récemment j'ai lu un article disant que dans certains hôpitaux psychiatriques le critère pour déterminer le degré de "folie" du patient était le nombre de ses protestations: plus il dit "mais je ne suis pas fou!" et plus il l'est! Alors elle m'a dit "toi tu as peur de l'être, c'est donc que tu ne l'es pas!" Je crois que c'était la Pleine Lune dimanche, je dois y être très sensible et chacun sait que les fous réagissent aux cycles de la Lune...
Demain le "Da Vinci Code sort" et c'est le début du festival de Cannes. J'aime le cinéma et J'ADORE Tom Hanks mais je ne crois pas que j'aurai le courage de me jeter dans la foule de la sortie mondiale du film. En plus il a été sifflé (par les journalistes, ça n'a pas grande valeur (:-) à la Première mondiale. Quoiqu'il en soit la bande-annonce ne m'a pas transportée et je n'ai déjà pas lu le livre, n'étant pas trop fan de ce genre d'ésotérisme bobo.Mais...il y a Toooooom. Alors j'irai.
"Sister Moon, will be my guide. In her blue blue shadow, I will hide. All good people are asleep tonight, and I'm all by myself in her silver light. I would gaze at her face the whole night through. I 'd go out of my mind but for you" Sister Moon, Sting.