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MARRE!

Aujourd'hui j'ai un âge auquel on pourrait penser que je suis vraiment adulte, grande, responsable... (vieille)?

Sur un trajet de + ou - 3 kilomètres entre le boulot de F. et la maison, alors que jusque là tout allait bien, je viens de me taper une crise infernale. Je SAIS que c'est parce que j'y ai pensé qu'elle est arrivée, mais...J'en peux plus de lutter contre moi-même.

Qu'est-ce que je vais devenir? Ermite?

A vrai dire par moments je voudrais qu'on me laisse tranquille chez moi, à naviguer entre le canapé, la téloche et le lit. Sans sortir, sans voir (ni surtout être vue) de personne.Sans avoir à rendre de comptes. Pour pouvoir respirer un peu, reprendre mon souffle sans appréhender toujours quelque chose.Je suis tendue comme un arc 99% du temps.

Et  COMPLETEMENT découragée.

Je n'entrevois pas de solution.

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L
<br /> Bonjour Nanou !<br /> Tu me demandes quels ont été les déclics qui m'ont aidée à sortir du tunnel… Question piège. Quand ils se sont produits, je n'ai pas forcément cherché à comprendre ce qui avait pu les provoquer. J'étais tout simplement trop contente de voir que ça allait mieux ! Avec le recul, je peux quand-même en situer deux.Mes phobies commencent vraiment à devenir handicapantes à la fac (87/89). De 89 à 93, je végète chez les parents, sans mettre le nez dehors. En 94, je fais un immense effort pour accompagner un ami en Espagne, au printemps puis à l'automne. Pas très à l'aise, la Lady, d'autant plus qu'elle a perdu ses cheveux (tous !) en l'espace de quelques mois, fin 93. Angoisses trop intenses.Le premier déclic date de l'automne 94. Quand je vois mon nom pour la première fois dans «Jazz Hot», en signature d'une chronique de CD. Je me souviens encore que le lendemain j'étais en voiture avec ma mère, que pour la première fois depuis bien longtemps je ne ressentais aucun stress, que je regardais le ciel tout bleu et que j'ai pensé, «C'est beau, la vie».J'ai quand-même continué à avoir de sérieuses crises et à ne pas trop sortir, même si j'ai continué encore deux ans à aller en Espagne deux fois par an. Fin 96, probablement un autre déclic, après que quelqu'un de très spécial m'ait dit «I love you» au téléphone. Tout ce que je sais, c'est qu'à l'été suivant, j'ai passé quinze jours entre trains, hôtels et salles de concert sans ressentir la moindre angoisse.Ensuite, alternance de bien et de moins bien pendant quelques années. Quelques séjours à Paris, des fois j'étais cool comme pas une dans le métro, mais il m'est aussi arrivé de faire Gare de l'Est / Ile Saint-Louis à pieds parce que les angoisses étaient trop fortes.Pourquoi suis-je apparemment sortie du tunnel depuis 2002 ou 2003 ? Est-ce que mon copain a quelque chose à y voir ? Peut-être que parce qu'il connaît ce genre de choses, je me suis sentie comprise, même si nous n'avons jamais parlé à fond de ce problème ? Est-ce que mon inconscient m'a dit, «Faudrait qu'il y en ait un des deux qui garde la tête froide» ? Je ne crois pas que ce soit parce que je me suis sentie exister, même si c'est la première fois que je reste aussi longtemps avec quelqu'un. J'ai toujours eu un bon contact avec la plupart des gens, entourée de bons copains, etc…Je m'interroge aujourd'hui sur un point. Je me souviens d'un soir, ou j'avais pris le bus de nuit à Paris avec mon petit copain de l'époque et un ami. Ils étaient trop occupés à bavarder pour remarquer le jeune qui s'était assis à côté de moi et me faisait du plat ! Mes angoisses se sont envolées. J'ai cru à l'époque que c'était parce que la conversation avait détourné mon attention de mes peurs. Mais je me demande aujourd'hui si ce n'est pas plutôt parce que j'existais. En tant qu'être humain distinct et remarquable (quelles qu'aient été les intentions du jeune homme en question…), et non en tant que visage parmi tant d'autres dans la foule. Avons-nous peur d'être vues, ou de ne pas l'être ?Mais n'oublie jamais une chose : chaque cas est particulier. Chaque phobie est intimement liée à quelque chose que nous avons vécu. Et l'entourage y est souvent pour beaucoup, sans que nous en soyions conscients, sans qu'ils aient forcément pensé à mal. Je crois que dans mon cas, mes parents attendaient beaucoup trop de moi. Études, réussite professionnelle… Nos phobies sont provoquées par un manque de confiance en nous. Il faut parvenir à déterminer quel aspect de nous-mêmes nous n'aimons pas, et réfléchir ensuite sérieusement à la question suivante : Est-ce que ce manque d'appréciation est justifié ? Et prendre le problème à bras le corps. Ce que je n'ai pas forcément fait à l'époque, en partie parce que j'étais isolée, donc que je ne pouvais pas bénéficier de l'expérience personnelle d'autres (ex-)phobiques.Pour finir, je te conseille d'aller sur le blog d'Ambre, qui se bagarre contre son agoraphobie avec l'aide d'une armada de blogueurs. Peut-être trouveras-tu dans leurs comms quelques phrases qui t'aideront…Je te fais un gros bisou, et garde espoir. J'ai été phobique pendant douze ans, ce qui est peu comparé à toi, mais… le déclic peut se produire n'importe quand !<br />
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P
Tendu à 99% du temps ... Ca me dit quelque chose.N'est-ce pas toi qui me disais : "au feeling" ? Bon, ok, il y a des jours ou, le feeling ... L'aider un peu ?Bon, ou alors il suffit de trouver un paliatif au vide laissé par Lost et puis voilà ! Non ? Mais siiiiiii ... ;-)Bonne nuit Mdeme
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N
Merci! Mais comme tu dis "y a des jours..."<br /> Bye!<br /> Nanou