Mon psy est incroyablement bavard.
J'ai toujours pensé qu'un psy était là pour écouter ses patients, faire "aha" de temps en temps, poser une ou deux questions et éventuellement faire des suggestions mais le mien ne me laisse pas en placer une! Voilà pourquoi il a du mal à cerner mes problèmes. J'ai l'impression qu'il me récite à chaque fois comme une leçon apprise par coeur dans le Vidal tout l'arsenal de médocs, les traitements et la pharmacopée disponibles en psychiatrie.
Oui bon c'est bien mais je vais pas tout tester hein!
Enfin hier il a fallu faire le forcing mais je crois que j'ai (un peu) réussi à me faire entendre.
Ma mère est venue avec moi pour lui dire comment elle m'avait vue, entendue, ma "détresse" (je cite). Il s'avère qu'il n'avait pas du tout saisi que j'étais en phase de déprime en plus des angoisses. Je ne le voyais pas vraiment moi-même non plus jusque récemment alors je peux pas trop le blâmer. Et comme quand je viens je suis en pleine panique mais je fais _faut croire, bonne figure, il ne se doutait pas.
En tous cas une fois qu'il a eu saisi le concept il s'est mis à parler non-stop pendant 3/4 d'heure. De ce long discours il ressort que:
a) Je ne suis pas folle (bonne nouvelle);
b) Je n'ai de facto pas besoin de me faire interner;
c) Je peux_je DOIS prendre 1 comprimé entier d'antidépresseur et non 1/2;
d) Il est possible que je réagisse à un déréglement hormonal, c'est ce que je saurai après l'échographie et le scanner;
e) Je ne suis pas dépendante de certains médicaments, ce que je craignais un peu;
d) Il est encourageant que j'aie déjà réagi de façon positive dans le passé à l'antidépresseur prescrit;
e) Concernant les crises de panique je dois procéder pour le moment par " maximum de possibilité" c'est-à-dire faire ce que je peux sans m'obliger à me confronter à des situations anxiogènes, car si j'expérimente une grosse crise alors que je me suis forcée à sortir (par exemple), je n'oserai plus rien entreprendre de peur d'une récidive.C'est déjà plus ou moins le cas d'ailleurs.
Voilà le résumé de cette séance qui a je l'espère un peu fait avancer les choses. Maintenant il faut que le traitement marche de nouveau. Je sais que ça prend un peu de temps.
Je revois le psy dans la semaine.
Il faut que j'y croie, aussi.