Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Autobiographie- fil rouge: mon père (1)

Exemple typique à midi du processus de non-discussion qui a cours entre mon père et moi depuis toujours:

J'annonce LA (ma) burning issue du jour: "Police a vendu 79 000 places en 1h et demie!". (Je précise que mon père sait pertinemment à quel point je suis une fan de la première heure de Police et que donc ma déception à l'idée de rater le concert est cruelle). Il répond, sérieux et agaçé: "Mais Patricia Kaas (! Patricia Kaas?) aussi attire beaucoup de monde, elle a un succès incroyable en ce moment, j'ai entendu ça à la radio" (naturellement mon paternel n'a strictement rien à foutre de Patricia Kaas dont il serait bien en peine de citer une seule chanson). J'embraye, évidemment: "oui enfin c'est pas tout à fait pareil, je suis pas sûre qu'elle remplirait le Stade de France et puis elle n'est pas précisément une star internationale". Lui, agressif: "mais qu'en sais-tu?" etc etc...

O.K ceci n'est qu'un sujet de conversation plutôt anodin mais c'est pareil pour tout, toujours. Il prend systématiquement le contrepied de tout ce que je dis, et ça devient lourd, je ne peux plus le supporter. Je sais que je l'ai déjà écrit quelque part au début de ce blog mais il serait prêt à affirmer que le ciel est rouge et non bleu juste dans le but de me contredire. C'est usant

Impossible d'avoir une conversation et quand je le lui fais remarquer il me rétorque, sur le point de péter les plombs, que justement c'est ça, la discussion, parce que "si tout le monde est du même avis alors quel interêt?".Oui, j'entends bien l'argument,  je suis 100% pour la liberté d'expression, de pensée, d'agir... Je suis sincèrement quelqu'un d'ouvert.

Mais contredire automatiquement ne me semble pas être le meilleur moyen de favoriser le dialogue. D'autant que lui ne souffre pas d'être contredit ou pire (horreur!) placé devant ses torts ou ses contradictions.

J'ai depuis toujours des relations plus que difficiles avec lui. Avec ma mère aussi d'ailleurs. Avec lui j'ai constamment l'impression de marcher sur des oeufs et je ne parle jamais sans avoir auparavant tourné 7 fois ma langue dans ma bouche. Je me sens observée, jugée.

Tout ce que je dis ou fais l'agaçe. Si quelqu'un me fait un compliment en sa présence il soupire ou lève les yeux au ciel  l'air de dire "si vous la connaissiez vraiment vous ne penseriez pas ça". Mes quelques succès scolaires ou au boulot ne m'ont toujours valu que des réactions mitigées du style "avec tes possibilités tu aurais pu faire/trouver mieux...".

Je pense qu'il est jaloux, ce qui est complètement ridicule. Il a la conviction que je cherche constamment à attirer l'attention sur moi (en sa présence) pour l'embarrasser, que je ne sais pas me tenir. Je le gêne.

Non content de me contredire il ne prend (ma mère idem) jamais mon parti, quel que soit le problème qui m'affecte. Déjà toute petite quand je tombais malade il m'engueulait comme un âne, me reprochant de me "balader pas couverte" .Bien sûr c'était complètement faux. Plus tard ado si j'avais une angine c'était parce que je sortais "à poil" et que je l'avais "bien cherché".Je suis tombée en panne à l'âge de 19 ans un soir en rentrant du boulot, au volant de ma  mini Austin sur l'autoroute. La bagnole a coulé une bielle et s'est arrêtée net. Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas me faire percuter par les autres voitures, bref j'ai poussé mon engin sur la bande d'arrêt d'urgence et je les ai appelés. A l'époque je n'avais que mes parents à appeler et je venais d'avoir une belle frousse. Eh bien mon père a hurlé dans le téléphone que je faisais "vraiment tout pour le faire chier"...Comme si c'était de ma faute.

Aujourd'hui quand on se dispute avec F. et qu'il lui arrive d'être odieux je sais que je ne trouverai aucun réconfort auprès d'eux. Au contraire leurs premiers mots seront "mais qu'est ce que tu lui as encore fait?"

L'image qui me vient naturellement quand je suis avec mes parents c'est un tribunal.

C'est quand même terrible non? Est-ce que ce n'est pas précisément dans sa famille, auprès de ses parents que l'on devrait se sentir soi-même, sans fard, totalement à l'aise?Je me trompe peut-être, je ne sais pas du coup, puisque je n'ai jamais vécu ça.

C'est vraiment triste et je souhaite parvenir à instaurer un climat de confiance réciproque et de dialogue avec mes propres enfants. Je m'y emploie en tous cas.

J'ai eu une enfance plutôt agréable dans le sens où je n'ai manqué de rien.

Et ils m'aiment sans doute à leur façon.

Mais la certitude qu'il existe un endroit, ma famille, où je serai toujours accueillie, réconfortée et soutenue,inconditionnellement, ça, ça me manquera toujours.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Tu m'étonnes!<br /> Non mais sérieusement ça a influé sur tout mon comportement par la suite; du coup je n'ai jamais été (et ne serai jamais) sûre de moi...
Répondre
A
Je réalise à quel point avoir une famille aimante et agréable est un atout majeur !
Répondre