J'ai lu aujourd'hui qu'un bar de nuit lesbien avait ouvert en ville.
Les deux propriétaires, qui se disent "colocataires", précisent qu'elles n'accepteront que les hommes gays ou un hétéro s'il est accompagné d'au moins deux femmes. C'est bizarre,non?
N'est-ce pas un exemple typique d' auto-ghettoisation? Je comprends l'intérêt de pouvoir se retrouver entre soi et pouvoir faire ce qu'on veut sans avoir l'impression d'être observé, jaugé ou jugé, mais là c'est carrément du rejet.
Dans un feuilleton australien aussi il y a quelques jours, le colocataire d'une fille lesbienne était prié de vider les lieux lorsqu'elle faisait des fêtes. Elle s'en excusait vaguement et lui, compréhensif, lui disait "c'est normal, je sais que vous n'aimez pas les hommes".
Je ne comprends pas tous ces codes. Les nanas du bar de nuit demanderont-elles leur carte de lesbienne à toutes les filles qui voudront entrer ? Elles précisaient également que chez elles c'est différent des boîtes du Marais à Paris car "les filles peuvent venir maquillées, féminines". Depuis quand les lesbiennes devraient forcément ressembler à Josiane Balasko dans "Gazon Maudit"? Je suis fan de la série "The L word" (bien que n'étant pas lesbienne) où les filles sont toutes supercanons et au top de la mode. Alors? Tout ça me laisse perplexe. 
Quand j'ai rencontré F. il nous arrivait souvent d'aller dans une boîte gay bien connue à Bordeaux (je ne sais d'ailleurs pas très bien pourquoi vu qu'aucun des mecs de notre groupe n'était homo_ou alors il est jamais sorti du placard!) Eh bien non seulement les filles étaient acceptées mais elles étaient plutôt bienvenues. Je ne me suis jamais sentie rejetée ou mal vue dans cet endroit. Avec le recul je réalise que c'est plutôt "nos hommes" qui n'étaient pas à leur place. Il leur arrivait naturellement de se faire draguer mais bon, ça faisait partie du jeu et ça n'a jamais tourné au vinaigre.
Pourquoi cette frilosité aujourd'hui? Ou alors les mecs gay sont-ils plus ouverts que les lesbiennes? Je fréquente assidûment un blog gay et je ne me sens pas du tout de trop, au contraire, je me trouve en excellente compagnie.
En tous cas c'est dommage de se replier comme ça dans son coin, à moins évidemment que les filles en question aient déjà été victimes de discrimination.
Faut se mélanger, quoi!