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Dur d'être parents

Elle a onze ans. 99% du temps c'est un amour. Une petite fille adorable, intelligente,  drôle, gaie, fonceuse, extrêmement affectueuse avec un coeur gros comme ça. En plus elle est belle. Vraiment. Objectivement.

 

SAM_1692.JPG

Mon amour de sorcière!

 

Mais le 1% qui reste c'est un tyran domestique, capable de faire régner la terreur sur tout un groupe d'adultes.

 

Elle est très anxieuse. Elle a des peurs, des angoisses. Ca, je ne peux que trop bien le comprendre et tenter de l'aider. En primaire elle a souffert de phobie scolaire mais on n'a pas cerné le problème tout de suite. Pourtant moi aussi j'avais vécu ça. Enfin, les choses se sont arrangées et l'entrée au collège a même été une délivrance. Mais l'angoisse s'est déplacée. Elle a peur de l'orage. Ca aussi ça peut se comprendre, sauf qu'elle appréhende, qu'elle anticipe, au point que si par malheur un nuage lui semble ne serait-ce qu'un peu menaçant elle s'en rend malade. Elle a passé les dernières vacances de Pâques enfermée chez mes parents, à jouer  dans leur salle de jeux sans fenêtre pour ne pas voir le ciel. Elle a peur des ballons de baudruche, enfin du bruit qu'ils feraient s'ils éclataient. S'il y en a dans un magazin ou un restau elle n'y entrera pas, sous peine de subir une panique qui lui fait perdre tout contrôle. Pareil pour les pétards et les feux d'artifice.

 

Et puis elle est têtue. Butée. Bornée. S'il lui prend une envie ou une idée il faut qu'elle mette son projet en oeuvre imédiatemment, sinon elle se braque, avec la colère et les débordements qui s'ensuivent. Elle  nous provoque verbalement, nous accuse de ne pas être à la hauteur de ses ambitions, semble prendre plaisir à semer la zizanie, à diviser pour mieux régner. Résultat tout le monde s'embrouille et le pire c'est qu'elle n'en retire finalement aucune satisfaction. Elle est malheureuse comme ça, mais c'est plus fort qu'elle. A l'époque de la phobie scolaire elle a vu une pédopsychiatre. Qui ne nous a jamais rien dit à nous, les parents. Aucun débriefing, rien. Elle est retournée à l'école, c'est vrai, mais elle avait changé d'instit et comme elle fonctionne à l'affect on ne sait pas ce qui a joué le plus.

 

La semaine dernière on est allés voir quelqu'un d'autre. Elle nous était recommandée par notre généraliste qui connaît la petite depuis toujours et en qui nous avons toute confiance. Elle a parlé à la gamine en tout et pour tout dix secondes, pour lui demander son prénom et sa date de naissance, après quoi elle ne l'a plus calculée. On a dû expliquer pourquoi on venait et c'est moi qui m'y suis collée. La psy prenait des notes, hochait la tête, souriait d'un air entendu. J'ai eu le malheur de lâcher "et quand elle souffre évidemment je souffre aussi". Je l'ai tout de suite regrettée cette phrase, mais trop tard. La femme de l'art a rendu son verdict: la gamine va très bien, elle tire juste les ficelles qui sont à sa disposition et profite du fait que moi, je suis "en souffrance". Et de me donner le nom d'un psy pour adulte, au revoir et merci. Je sors de là dévastée, en souffrance, oui, pour le coup. Je pose une question: quelle mère un minimum concernée ne souffre pas quand son gamin souffre?

Merde! Pourquoi ce serait toujours ma faute? Il y a une part de vérité dans ce qu'elle a perçu, bien sûr, mais je refuse le schéma pourri de "Madame, si vous êtes heureuse cui-cui, votre fille ira très bien". Putain, ça t'aurait gercé le cul de lui parler un peu à elle, directement? Parce que les peurs et les angoisses, en attendant que des petits oiseaux bleus me tournent autour et que les mouches pètent dans le ciel d'azur, on les gère comment?

 

Et les colères, et les provocations? Parce que faut pas croire: oui, on lui pose des limites, on la cadre du mieux qu'on peut. Mais il est clair qu'on le fait mal ou que ça ne suffit pas. Et qu'un point de vue extérieur serait le bienvenu.

 

Parce que je l'aime tellement cette petite fille de onze ans que ça me tue de redouter le moment où elle va rentrer, en espérant que rien ne va se mettre en travers de son chemin et risquer de déclencher une nouvelle crise. Qu'à chaque coup d'éclat j'ai l'impression que mon amour pour elle est mis à mal, que si elle continue la famille va imploser et que ça me ferait des vacances de ne pas la voir pendant quelques jours. Que dès que je pense ça je me mets à pleurer et que ces "montagnes russes émotionnelles" qu'elle nous impose m'épuisent. Que je me déteste quand, une fois la crise passée, elle vient comme si de rien n'était me dire qu'elle m'aime plus que tout au monde (et je sais que c'est vrai) et réclamer un câlin que je me sens incapable de lui accorder sur le moment. Que j'ai peur d'en arriver à moins l'aimer, même si je sais quece n'est pas possible.

 

Et que j'en ai marre que tout soit toujours la faute des parents. J'en ai marre de toutes ces conneries old-school/ New Age comme quoi le petit enfant (gnangnan) comprend et ressent tout ce que vit sa môman et que c'est mal de dire et même de penser (!) des trucs pas sympas devant lui. Vilaine maman.

Alors oui, je veux bien croire que ce qu' expriment les parents retentit sur leurs enfants. Mais alors que faire? Ca existe des parents parfaits qui ne communiquent que des émotions positives à leurs gosses? Putain c'est pas ça la vie, leur  leur fairecroire que personne doit mourir et que la maman va forcément rencontrer son prince Charmant (majuscule, parce que c'est son nom. Eh oui). Comme Frère et Coloc avec Nièce.

La vérité c'est qu'on fait de notre mieux, avec nos bons et nos mauvais jours. On tente de les préserver au maximum nos chérubins mais on fait des conneries parce qu'on est juste humains. Et que c'est dur d'être parent.

 

 

Faites des gosses, qu'ils disaient (:-)!

 


 

 

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N
<br /> Je commence effectivemment à penser sérieusement que cette pédopsy de mon cul est merdique. Si l'Homme<br /> avait parlé à ma place c'est lui qui se serait fait conseiller de voir quelqu'un (vus les récents développements du côté des b-p). En plus là à l'instant la gamine vient (encore) de nous faire<br /> une chierie. Je vais lui peler son sale petit cul, point barre. Et après on aura des raisons de me soigner.<br />
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N
<br /> non, ça n'existe pas les parents parfaits !<br /> <br /> <br /> on a tous récupéré une partie des névroses de nos parents (+ 2-3 autres bien à nous), y a pas de raison qu'on ne refile pas les nôtres à nos enfants.<br /> <br /> <br /> Mais heureusement on ne leur refile pas que des névroses. Enfin moi aux miens je ne leur refile rien, ha !<br />
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N
<br /> @ Amo: merci de ton soutien et je trouve (pour ce que j'en sais) que tu te sors bien d'une quasi absence de mère. Moi je me trimballe toujours les névroses<br /> laissées en héritage par les euh disputes (combats?) entre mes parents durant toute mon enfance.  Enfin, au moins on ne fait pas subir ça à Mo. Bisous XXX<br /> <br /> <br /> @ Odile: merci aussi de me rassurer parce que c'est tellement usant et culpabilisant de s'entendre constamment accuser des "troubles" de ses gosses. Surtout<br /> sur le mode "Madame, vous êtes en souffrance, vous culpabilisez, votre fille le sent et donc elle ira mieux quand vous irez mieux". Bam! Et ça, ça me culpabilise encore plus connasse.Du coup<br /> depuis une semaine je suis à fleur de peau et finalement j'en veux à cette psys de mes deux (nichons). Je tente de la joindre pour lui dire qu'elle aurait pu, aurait DU au moins faire le petit<br /> effort de parler à Mo. En te lisant c'est vrai que c'est incroyable qu'on ait pas réagi sur le moment. Mais bon moi j'étais terrassée par ce qu'elle me disait, devant la gamine en plus. Ce qui<br /> fait qu'à la sortie elle s'inquiétait pour moi ("pourquoi tu souffres, maman?) et se demandait ce qui allait se passer pour elle ("et mes peurs?"). J'hésite à faire le forcing pour<br /> qu'elle la recoive quand même, vu que c'est une galère incroyable pour obtenir un RDV avec un psy. Ils sont plus bookés que des ministres. Quant à moi c'est certain que j'ai des choses à<br /> régler, je le sais, mais je le savais avant que cette fameuse pédopsy me le dise. Donc oui je vais tenter (d'ici la rentrée il y aura peut-être un créneau de libre?) d'aller voir<br /> quelqu'un, ne serait-ce que pour parler de ces coups dans mon enfance qui me poursuivent et que mes parents nient et nieront toujours en bloc. Mais pour la petite en attendant, on a pas avancé<br /> d'un pouce. A plus ma douce
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O
<br /> Alors, d'abord NON ça n'existe pas les parents parfaits et NON on n'est pas responsable de tout, ils naissent avec leurs gènes aussi (je sais pas si c'est très scientifique ce que je dis maus tu<br /> as compris) et se développent indépendamment de nous.<br /> <br /> <br /> Ensuite, et ça j'en suis sure, tu es mal tombée les deux fois avec les psys. Impensable qu'elle n'ait pas parlé avec elle. J'ai amené Baptiste quand il était plus petit (genre 5 ou 6 ans, donc<br /> pas très causant) pour ses problèmes de timidité maladive. Elle nous a reçus tous les deux 5 minutes puis je suis sortie et elle est restée une quinzaine de minutes avec lui puis ensuite m'a<br /> expliquée ce qu'elle pensait. A mon humble avis, tu dois essayer quelqu'un d'autre. La mienne est une psychologue "simple" qui s'occupe pas mal des enfants.<br /> <br /> <br /> Ses angoisses, je pense, sont effectivement la manifestation d'un malaise plus profond, et ses crises aussi, mais surement pas un truc hyper compliqué à voir. Et, rappelons nous notre enfance, je<br /> pense que nous avions aussi des gros moments de stress. On est toujours tout seul dans sa tête, à tous les âges.<br /> <br /> <br /> Enfin, je crois que le conseil de psy pour adulte n'est pas aussi idiot qu'il en a l'air. Non pas que je vais tomber dans le panneau du "c'est votre faute madame" bien au contraire. Mais moi,<br /> quand je voyais la mienne pour d'autres trucs, j'évoquais les soucis des enfants, leurs "crises" leurs stress... Et elle trouvait les mots pour me rassurer et me conseiller sur l'attitude à<br /> adopter. Tu peux donc, si tu en as envie, en voir un toute seule, pas pour toi, mais pour qu'il ou elle t'aide à gérer ce qui te fait souffrir aussi, de façon tout à fait légitime. <br /> <br /> <br /> Voilà ce que je pense de tout ça. Et je n'ai pas la science infuse, malgré ma remarquable intelligence, louée par tous. ;)<br />
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A
<br /> Un commentaire plus pour te donner du soutien et te dire que je suis là si ça va pas (surtout tard le soir, n'hésite pas à venir me parler !)<br /> <br /> <br /> Parce que bon, personnellement... Ma mère a été si souvent présente pour moi que c'est comme si je n'en avais pas eue.. Je suis content qu'elle soit différente avec mon petit-frère de 6 ans.. Du<br /> coup, je ne peux pas bien aider... =/<br />
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