Les « évènements » récents.
J’aurais aimé trouver les mots pour dire que c’était l’horreur tout ça. Les morts, tous les morts. Les raisons pour lesquelles je ne me sentais pas légitimement Charlie, si je voulais être cohérente, n’ayant jamais ni acheté ni lu le journal. Ce qui ne m’empêche pas de réaliser que s’attaquer à la liberté d’expression c’est grave. Une copine (du moins je le croyais) m’a dit sur FB qu’elle me pensait « suffisamment intelligente » pour comprendre ça. Oui, je le suis. Plus qu’elle, même, je pense.
Mais cette liberté d’expression est si floue et ténue, même dans son cadre légal. Les frontières sont minces. « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » a dit John Stuart Mill (je crois). Tout le monde connaît cette phrase mais qui sait réellement l’appliquer ?
Et les flics, les clients de l’épicerie casher, j’ai autant mal pour eux que pour Charb, Cabu, Wolinski et les autres.
Charb, honnêtement, j’aimerais savoir combien de personnes le connaissaient avant le drame. Le voilà devenu un héros. Et tous ces exemplaires du « Charlie des survivants » vendus, ça me met mal à l’aise. Alors je sais que je passe pour une aigrie, une « rageuse », et je le suis sans doute, mais au moins je ne suis pas surprise que le bel élan national de solidarité et d’émotion de dimanche dernier n’ait pas duré très longtemps. C’est triste mais c’est comme ça.
Pourtant je fais volontiers mienne la phrase de Jean-Louis Aubert « je te laisse le cynisme, moi je n’ai plus envie ». J’essaie d’être bienveillante, je laisse au maximum aux gens le bénéfice du doute, mais je n’y arrive pas toujours. Je sais que la majorité de ceux qui ont été submergés par l’émotion, qui sont allés marcher, étaient sincères.
Moi j’avais peur de perdre le contrôle des évènements.
J’ai un gros problème avec ça, le contrôle, la crainte de la manipulation, le lâcher-prise. Je fuis comme la peste les mouvements de foule, les groupes, les partis. Souvent en groupe on devient con.
Pour prendre un exemple ultra-superficiel mais symbolique, bien que très (!) fan de Sting je n’ai jamais voulu m’inscrire à son fan-club. Ca me gave tout ça.
Et puis je crains aussi beaucoup pour tous les arabes de France, musulmans ou non. On n’est pas chez les Bisounours, hein. Des amalgames, il y en aura forcément.
Voilà. Au départ ce devait être un post sur le dernier livre de Stephen King. Il est très bien, et par bien des aspects il à voir avec la religion.
Cette religion, toutes les religions, qui sont (no shit, Sherlock !) au cœur du problème.
Finalement la book-review ce sera pour une prochaine fois.
Soyez sympas les uns envers les autres. Et surtout pas trop durs avec vous-mêmes.
A très bientôt mes noix de coco !
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