Attention, post de fifille!
Bon alors je sais pas vous, mais moi à quinze ans quand je partais faire du shopping (avec mes vieux, il était bien sûr hors de question que j'aille où que ce soit seule ou pire, accompagnée de potes) mon Disneyland c'était les disquaires. Pas la FNAC, d'ailleurs je devais même pas savoir que ça existait, non, les petits disquaires de quartiers où je pouvais passer des plombes à farfouiller dans les vinyles (oui je suis une vieille peau).
Eh bien mes droughies les choses ont bien changé.
Un tour en ville avec trois filles ados c'est la garantie d'assister à un phénomène ha-llu-ci-nant: la crise d'hystérie collective à l'approche du temple de ces demoiselles, j'ai nommé Sephora. Car c'est là qu'elles cherchent leur Graal: le mascara qui va leur allonger les cils d'au moins 15 centimètres et les épaissir comme les poils du torse de feu Bobby Farrell (chanteur de Boney M qui se les arrachait pour les jeter en pâture à ses fans en folie). Elles verront ces petites idiotes quand elles devront porter des lunettes et qu'au moindre battement de cil tout se déposera sur les verres. Bref.
Sepho c'est la caverne d'Ali Baba des ados. C'est bien simple, elles deviennent barges là-dedans. Ca court dans tous les sens, ça hurle, ça s'extasie et surtout ça essaie tout frénétiquement. Résultat des courses, alors qu'on était entrée accompagnée de trois jolies jeunes filles, on ressort entourée de petites pouffes auprès desquelles Loana a l'air distinguée (mais grosse quand même).
Bon. Ouais. Bof. Oh wait...
Ca m'épate, ça. A quinze ans j'avais tout bonnement interdiction de me maquiller. Mes parents (comme la plupart de ceux de mes copines) ne voulaient pas et en plus si on s'était pointées au collège avec la moindre trace de fard sur la tronche c'était direct chez le principal. Au lycée je m'en suis tenue à un trait de khôl que j'appliquais le matin dans le bus et retirais avant de rentrer le soir. Aujourd'hui les gamines commencent toutes à se maquiller dès la classe de 5ème, et elles ne se contentent pas d'un coup de crayon! Base, anti-cernes, fond de teint, poudre, blush, fard à paupières, eye-liner et surtout le sacro-saint mascara (aaah!)...Fille Aînée connait mieux les produits que moi, en possède plus et de beaucoup plus chers (Poisson-Rouge les lui paie), et ne sort jamais le visage nu. Sans compter le vernis à ongles et même les soins (manucure, pédicure, épilation en institut) auxquels certaines ont droit régulièrement. Quand je pense que je n'ai jamais fait un de ces trucs.
Fille Aînée a dans sa trousse au moins cinq tubes de mascara entamés, mais sa quête du produit surnaturel continue. Aux vacances de Pâques une de ses copines lui a rapporté le tout dernier "trop top" de New-York. Du magasin Sephora de NY, évidemment.
Et le pire c'est que ça vaut la peau des boules de l'Homme, ces trucs! Une petite boîte d'ombre à paupières, blam! Dix €uros, putain.
DIX €uros! Nomého!
Les filles d'aujourd'hui prennent bien plus soin d'elles que ma génération ne le faisait. D'un côté, c'est pas plus mal.
Bon, elle est belle, ma nana.
Mais je me demande ce qu'elles feront (dans très longtemps) quand les 1ers signes de l'âge apparaîtront!
D'ici là, Sepho aura fait des affaires!