Depuis le temps qu’il en est question mes chéris, je vais enfin vous en parler, de John Irving ! Bon, je n’ai toujours pas terminé « Une Prière Pour Owen », mais il faut dire qu’en ce moment ce fucking « Ca » ne me permet pas trop de lire.
Quoiqu’il en soit, depuis mon anniversaire (juillet), de vierge irviengienne je suis passée à lectrice de deux et demi de ses romans.
J’ai commencé par le dernier paru en date, « A Moi Seul Bien Des Personnages », et pour une entrée en matière c’était…inattendu. Déjà ce style très dense, touffu, tellement réaliste qu’on ne sait plus ou finit le roman et où commence la vie de l’auteur m’a cueillie. Pour continuer sur la forme, dans « A Moi Seul… » on est constamment trimballé du présent au passé puis au futur, parfois sans vraie transition, et c’est un peu déstabilisant.
Le fond maintenant. Pour faire court, il est question d’identité sexuelle.
Le narrateur s’interroge très tôt sur ses attirances « contre-nature » (sic). Il tombe amoureux de son beau-père, puis de la bibliothécaire, qui s’avèrera être une transexuelle, et d’un ami de lycée qui deviendra gay. Son grand-père joue des rôles de femme dans la troupe de théâtre locale, sa cousine est lesbienne, et l’on finira par apprendre que son père, qu’il n’a jamais connu, est lui aussi devenu une femme. Histoire familiale chargée, hein. Vers la fin, il est question des ravages au pic des années Sida, mais globalement j’ai trouvé que le thème finissait par être lassant et toutes ces turpitudes sexuelles ennuyeuses.
Il paraît que c’est loin d’être le meilleur Irving, donc ça ne m’a pas découragée et j’ai enchaîné avec le cultissime « Monde Selon Garp ».
Là, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire au début (tellement hénaurme), mais c’est venu et je peux dire que j’ai pris plaisir à suivre les aventures de Garp, conçu « à l’arrache » sur le lit de mort de son père, soldat agonisant soigné par son infirmière de mère, laquelle ne reverra plus jamais de zgègue ni de bouboules par la suite. Une fois Garp arrivé, Jenny (c’est le nom de la mère), décide donc de mener sa vie seule et surtout sans homme, avec son fils. Tous deux ont des vélléités d’écriture, et le seul et unique livre commis par Jenny la propulsera au rang d’icône de la cause féministe. Dans sa maison en bord de mer elle recueille ses semblables, des femmes blessées par la vie, ainsi que des transexuelles (thème récurrent ?) et même quelques ultra-fanatiques du féminisme. L’une de ces trans, Roberta, ex-star du football américain, deviendra une amie très proche de Garp, qui a grandi, s’est marié et a des enfants. Son couple est tourmenté et malmené par des infidélités mais tiendra bon. Garp redoute le monde qui l’entoure, il voudrait que tout soit safe (surtout pour ses enfants), mais bien sûr cela ne l’empêchera pas de connaître son lot de malheurs et de souffrances.
Ce livre est difficile à résumer et même à raconter, mais si l’on se laisse entraîner dans l’univers si particulier d’Irving (et de Garp), on devient vite accro.
Et en ce moment donc, j’arrive au bout de « Une Prière Pour Owen ». Ce bouquin, je ne peux pas dire que j’ai hâte de le retrouver comme c’est le cas par exemple avec certains King ou autres, mais dès que je me plonge dedans je suis happée. C’est très bizarre.
Johnny a 11 ans quand son ami Owen Meany, un gringalet à la voix très singulière (il ne s'exprime qu’en lettres capitales_ excellent et hilarant procédé), tue par accident sa mère d’une balle de base-ball en pleine tête. Au lieu de les séparer, ce drame ne fera que rapprocher les deux garçons, qui deviennent inséparables. Malgré ses particularités physiques, Owen a une présence, un charisme et une confiance en lui stupéfiants qui séduisent tout le monde. De plus, il est convaincu de connaître le destin que Dieu lui réserve, et a bien l’intention de s’y conformer. Le récit de l’enfance puis de la jeunesse des deux garçons alterne avec les réflexions « actuelles » de Johnny, expatrié au Canada au moment de la guerre du Viêt-Nam et très remonté contre la politique étrangère américaine.
C’est loufoque, drôle et grave, et maintenant j’attends le fin mot de l’histoire.
Avant de conclure, il me semble indispensable de souligner que la recherche (l'absence) du père est un thème cher à Irving. Les héros des trois romans cités dans ce billet ne connaissent pas le leur.
Alors, coup de foudre ou pas ? Je ne peux pas dire que je vais me procurer fissa tous les Irving parus et les dévorer. Non, je n’ai pas eu le zsa-zsa-zsu littéraire. Mais je ne m’ennuie pas et c’est très bien écrit. Ca te va Odile, pas trop déçue ?
On reste en contact pour le debrief de « LOeuvre De Dieu, la Part Du Diable », car oui, je vais lire celui-ci qui est, paraît-il, incontournable.
A bientôt mes droughies, et LISEZ, dans tous les cas c’est bon pour ce que vous avez !
Bisous !