"Quelque chose cloche ici...Cet ascenseur, à la fois familier et asphyxiant, cette lumière irréelle...Les parois qui rétrecissent, m'enserrent...je connais...Ce téléscopage absurde, ce n'est pas la réalité!...C'est un cauchemar, une de ces saloperies de cauchemars hyperréalistes qui mettent des heures à se dissiper, qui vous empoisonnent la journée après vous avoir glacé jusqu'à l'os. En vérité, je suis en sommeil paradoxal, je gémis et je vais me réveiller le coeur au galop...Me réveiller. Je sais le faire: il suffit de le vouloir très fort, ça marche toujours. Je crispe les yeux_ allez, je me réveille, je me réveille, je me réveille..._je les rouvre d'un coup...Je suis toujours dans l'ascenseur. Je suis dans le réel. Je suis en danger. Réalité et fiction se mélangent: c'est le début de la folie. Comment fait-on pour ne pas devenir dingue?...Je vais mourir. Enfin l'ascenseur s'arrête. Les portes s'ouvrent.Je me jette dans la rue, j'avale l'air froid à grandes goulées. Je m'adosse au mur de l'immeuble. Je reviens dans moi"
"Etat de choc" de Paul Moreira.
C'est un mauvais livre, mais ce passage en dit beaucoup sur certaines phases du déroulement d'une crise de panique.