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Ces derniers temps

Ces derniers temps n'ont pas été très faciles en ce qui concerne les crises d'angoisse.

Je vais un peu récapituler ce qui s'est passé puisque j'ai peu écrit ici sur le sujet. Ah oui! j'adore récapituler, mettre les choses dans le bon ordre, à jour. Pareil d'ailleurs quand on me raconte quelque chose. J'aime  avoir tous les détails, et qu'on commence par le début sans rien "sauter". 

Sans doute une autre facette de cette obsession du contrôle qui _semble-t-il et pour mon malheur_ me caractérise. Mon côté Bree Van De Kamp.

En plus demain c'est mon anniversaire. Un "important", une dizaine. Un chiffre rond qui me semblait relever du cacochyme quand j'étais petite.A vrai dire moi je m'en fous vu que dans ma tête je suis toujours (et resterai) une gamine. Mais je dois pas m'en foutre tant que ça direz-vous puisque je le dis pas, cet âge. Disons que c'est la façon dont les autres voient cet âge qui est chiant. Pour le reste...De toutes façons j'avais commencé à comprendre des petites choses du style c'est plus maintenant que je vais changer. Je suis comme je suis. A prendre ou à laisser.

 Donc depuis la soirée désastreuse de kermesse de Mo où j'ai dû me réfugier dans la voiture puis me faire ramener à la maison tellement j'étais mal (tremblements de la tête aux pieds, perte totale des repères, conviction que j'allais devenir folle, dépersonnalisation et déréalisation_la totale quoi) il y a eu plusieurs autres crises. Un matin j'ai réussi à aller chez le coiffeur. Une coiffeuse qui coiffe quasiment chez elle, plus toute jeune, il y avait personne, je lui ai dit de me laisser partir sans poser de questions si ça me prenait. Elle a pas eu l'air plus surprise que ça. Ca c'est bien passé et j'ai trouvé que c'était déjà ça. Mais le soir même je me suis rendue en voiture pas très loin pour le journal, un trajet que je faisais jusqu'alors en toute confiance.Paf! Crise au volant. Envie de foncer dans un mur, je me sens partir, je m'asperge complètement avec la bouteille d'eau qui me suit partout. J'ai conscience que j'ai l'air d'une folle mais je ne peux rien empêcher.Ce feu qui reste au rouge des heures...Je vais sortir et traverser le carrefour en courant sans regarder et tant mieux si je me fais écraser au moins ça s'arrêtera.Je parviens je ne sais comment à rentrer, tremblante, désorientée et en pleurs.

Ce trajet je dois le faire souvent pour le boulot et désormais je le redoute aussi . Mon champ d'action se réduit de jour en jour. Je suis allée en ville depuis mais maintenant je redoute ce trajet, ce qui est absurde. J'ai couvert un conseil municipal, des remises de médailles et un concert en plein air mais je ne parviens plus à être décontractée. J'invente des excuses parce que conduire me fait peur, parler aux gens me fait peur...Tout m'inquiète, surtout moi et mes réactions. Je me guette, me scrute et me surveille comme le lait sur le feu. Je suis constamment sur le qui-vive, une boule de nerfs prête à exploser et je sais que je l'ai déjà dit mais c'est épuisant et très frustrant. En plus la dircom de la mairie est une harceleuse schizo qui m'a prise pour "cible" et la sentir comme ça sur mon dos en permanence ne fait qu'ajouter à mon stress.BITCH.

Jeudi on est partis faire un peu les soldes avec F. et Mo.Premier magasin, tout s'est passé à merveille. Puis on est allés dans une galerie commerçante que j'aime beaucoup d'ordinaire et là ça a dérapé. mais j'ai eu une révélation: JE SAIS DE FACON SURE QUE C'EST MOI QUI ME PROVOQUE LA MAJORITE DE MES CRISES. Là en fait c'est bizarre à expliquer mais j'ai fait comme une "simulation" de crise, elle ne venait pas vraiment. Je l'ai laissée arriver, je lui ai permis de s'installer. Je crois que si j'avais résisté un peu ça aurait pu aller mais j'ai pris les clés et me suis réfugiée dans la voiture où je suis restée blottie jusqu'à ce qu'on arrive à la maison.Mais même durant le trajet de retour j'avais le sentiment que si je me redressais et acceptais de dédramatiser ça irait. Seulement une fois le processus engagé c'est dur de s'en sortir. J'ai eu la confirmation que parfois, au moins, je pouvais tout à fait influer sur la survenue _ou non_ des crises.Et ça me frustre encore plus de me sentir impuissante face à cet ennemi qui vient de l'intérieur.

F. a été et est très très compréhensif et "supportive" mais je me demande comment vont se passer les vacances si je ne peux pas bouger.

Samedi je n'ai pas osé (c'est le mot) aller à la plage mais en fin d'après-midi je me suis prise par la main et ai décidé d'aller les faire ces damnés soldes. Je suis rentrée dans un magasin que je connais bien près de l'entrée de la galerie marchande et finalement j'ai fait tous mes achats là. Bien sûr j'ai trouvé des choses pas chères et qui me plaisaient mais si je veux être tout à fait honnête c'est une chance qu'on trouve un peu de tout dans cette boutique, ça m'a évité d'aller plus loin dans la galerie. Ensuite je suis passée au MacDo prendre un menu pour Mo. Nouvel obstacle pour moi, le Mac Drive:  on se trouve coincé quand il y a du monde. Pour moi c'est l'enfer. Alors je suis descendue commander à l'intérieur et là scénario classique: mains moites, coeur qui accélère, vite qu'elle me donne ma commande et que je parte, vite, vite, il faut que je sorte.

J'essaie, j'essaie, je me force mais c'est dur. C'est plus confortable de rester chez moi et d'éviter les crises mais ce n'est pas une solution.

Demain le psy, 3ème rendez-vous. Mais comme c'est mon anniversaire j'ai pas très envie que la séance me mette en boule, d'autant que la migraine me guette et que c'est supposé être la séance de provocation d'une crise avec tentative de solution "sur le vif". Je vais tenter de reporter à mardi.

Rien de positif donc sur le front de l'angoisse et des crises de panique. J'ai connu des périodes aussi noires, notamment après une rupture, en 89/90. Sauf que j'en avais parlé à personne et que je me débattais toute seule. Depuis ça a été mieux mais comment je m'en suis sortie...j'arrive pas à me souvenir du déclic.

Peut-être que je dois donner un bon coup de pied au fond pour remonter maintenant.

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L
Bonjour Nanou,Je suis un peu plus au nord que toi, à Royan pour être précise... mais chut ! Ne le répète à personne ! Il y a une espèce de quizz au long cours sur mes pages, dont le but est de trouver dans quel coin je suis...J'essaie de visiter tes pages un peu plus longuement aujourd'hui.En fait, j'ai eu de la chance. J'ai été phobique de 18 à 31 ans à peu près. Les cinq premières années, c'était vraiment le trou noir : je ne sortais plus de la maison, sauf quand je ne pouvais pas faire autrement. Ensuite, je me suis forcée à affronter certaines situations stressantes, mais qu'est-ce que je me sentais mal... Je suis remontée par paliers, suite à certains évènements, et depuis cinq ans maintenant, je mène une vie tout à fait normale. Mais j'ai la chance de bosser à la maison, je ne sais pas si je supporterais un travail normal avec des clients, des collègues et des horaires... Je crois que si, maintenant...Gros bisous -- repasse quand tu veux !PS : pas besoin d'être une spécialiste de jazz pour jeter un oeil sur les vidéos et cliquer sur les mains des pianistes ! Si tu aimes, c'est l'essentiel...
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P
Ah, mais Bree elle assure sa race ! Si, si, je t'assure !(Quoi, parce que tu les trouves mieux les autres gourdes ?)Il me laisse plutôt une impression positive ce récit ...  Enfin, tu as l'air de saisir le truc, non ?(j'ai raté ton anniversaire je vois...)
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N
Merci distinguée Lady D. Tes encouragements me vont droit au coeur seulement ça doit faire une bonne vingtaine d'année que je me trimballe ces désagréments, donc je n'espère plus vraiment m'en débarrasser; au mieux les atténuer car il y a toujours eu des hauts (cohabitation avec l'angoisse tout à fait supportable) et des bas (comme ces temps-ci). J'attends que ça remonte... Mais c'est dur.<br /> J'ai parcouru ton site que je trouve charmant, instructif, drôle et intéressant. Hélas je ne suis pas une spécialiste de jazz, disons que mes compétences s'arrêtent aux musiciens admirés et cités par Sting (mon héros). Alors, je connais Thelonious Monk, Charlie Mingus,Parker/Bird,  les frères Marsalis, Kenny Kirkland et bien d'autres...Enfin surtout de nom (:-)<br /> Tes photos sont superbes et j'ai cru m'entendre en lisant ta petite leçon sur le sable et l'oyat. On serait pas "pays"? Entre Bordeaux et la côte, c'est ça?<br /> A bientôt, et merci encore!<br /> Kisses for u XXX<br /> Nanou
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L
Bonjour Nanou,<br /> J'ai cliqué au hasard sur les dernières parutions, pour porter la bonne parole hors du cercle des copains habituels !<br />  <br /> <br /> J'ai aussi été phobique pendant des années, je suis sortie du tunnel par miracle, par une suite de petits déclics dans le boulot, les relations... Il n'y a pas de recette magique, hélas.Je te souhaite beaucoup de courage pour sortir de ce tunnel toi aussi !
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