Je l'ai fait! Mise au défi par Corine et Nine, je n'ai rien posté de tout le mois de mars. Bravo moi.
Donc je reprends là où on en était restés. Fille Aînée a eu son histoire, Fille Cadette mérite la sienne.
Environ trois ans après l'arrivée de la "grande"on s'est dits qu'on allait mettre un petit deuxième en route. Mais ô merdasse, après plusieurs mois de tentative(s), rien. On décide alors de reporter un peu le projet, surtout que la boîte de l'Homme vient de fermer et qu'on est tous les deux au chômage. Sauf qu'à notre insu le dernier coup a été le bon (comme avec Paic, une seule goutte a suffi) et la ch'tiotte est déjà en route. Je ne m'en apercevrai qu'à trois mois de grossesse. Trois mois sans symptômes et avec règles. Comme quoi le déni de grossesse ça doit exister. Je vivrai dès lors la peur au ventre. Peur de l'hémorragie qui a suivi mon premier accouchement. Pour tout dire je suis persuadée que ce coup-ci je vais mourir. Ca n'est donc pas un moment très serein. Je ne prends que 7 kilos, mais tout dans le bide, ce qui me vaut une sciatique terrible et une faiblesse généralisée. Au lieu de me réjouir, je redoute la naissance. Evidemment, j'ai tourné le dos à l'hôpital et suis suivie dans une clinique.
Et puis donc, quelques semaines à peine avant le terme, je rencontre ma sage-femme, qui me dit ce qui s'est passé quatre ans plus tôt et m'explique quoi faire. L'obstétricienne me rassure et je commence alors à envisager un avenir un peu plus radieux (un avenir tout court) avec ma petite famille.
La naissance est prévue pour le 8 janvier 2001.C'est donc l'esprit tranquille que je me mets au lit le 16 décembre 2000. Je suis réveillée par les eaux vers 5 heures du matin. Immédiatement suivies par des contractions extrêmement douloureuses et quasi continues. Je secoue l'Homme (qui ronfle comme un sonneur, pas du tout gêné par l'humidité ambiante) et m'habille avec difficulté pendant qu'il se fait un café et fume une clope. Quand je le vois commencer à lire l'Equipe avec son café alors que j'ai littéralement la gamine entre les jambes, je pousse ma gueulante. En voiture, et on grille tous les putains de feux. A la clinique je veux aller faire pipi mais Marie-Evelyne, l'aide-soignante venue des îles, me demande avec son charmant accent si je veux faire la petite dans les toilettes. Euh, finalement non. Direction la salle de travail. On attend ma sage-femme et je souffre. A 7h45, entrée de l'anésthesiste qui m'engueule parce que je n'ai pas répondu àson "bonjour". Essaie de parler en plein milieu d'une contraction Ducon! Je lui fais remarquer que la péridurale n'est plus nécessaire puisque la naissance est vraiment imminente, mais il feint la surdité et m'intime l'ordre de "faire le dos rond" pour pouvoir me piquer. Faire le dos rond avec un énorme bide et traversée de contractions, mais bien sûr! Il gueule cet e****é, moi aussi. De toutes façons j'en veux pas de sa foutue piqûre! Marie-Evelyne prend ma défense (chère Marie-Evelyne) mais il s'en tamponne le salaud, et me pique. Génial. Maureen naît à 8 heures pile, soit 10 minutes après l'anésthesie (inutile de préciser qu'on s'est plaints de ce con qui apparemment n'en était pas à son premier abus. Il était en tarif de nuit jusqu'à 8h00, d'où son empressement. 1000 Francs l'anésthesie injustifiée et totalement inutile, ça pique le cul, c'est le cas de le dire).
Il faut me faire des soins (délivrance artificielle, bon ça c'est pas hyper fun_surtout les jours suivants, quand l'infirmière vient faire de vigoureux massages internes de l'utérus pour raffermir les tissus). Je ne vois donc pas ma fille tout de suite. Elle passe ses premières minutes avec son père qui suit tous les examens: mesures, pesée, tests divers et bain. Et puis on nous installe tous les trois dans une chambre et on nous laisse tranquilles toute la journée. Elle est toute menue, un peu fragile et très calme. Elle le restera longtemps. Elle est née avec trois semaines d'avance, elle a décidé de récupérer. Elle a froid? La puéricultrice demande à l'Homme de lui enfiler son gros pull de laine. Une chaussette sur la tête et roule ma poule! Tout me paraît simple et calme ce jour-là. Le soir Fille Aînée vient rencontrer sa petite soeur, c'est bien.
Première rencontre au sommet entre mes deux bébés.
Je réalise qu'on peut avoir un bébé et se sentir bien. Bien sûr j'ai (presque) neuf mois de grossesse et la fatigue de la naissance à encaisser, mais quel changement par rapport au premier accouchement catastrophique! Et puis c'est une deuxième, ça y fait peut-être. On est déjà des parents, on est plus cools.
Quoiqu'il en soit tout sera différent. Je ne le sais pas encore, mais Fille Cadette et moi sommes au début d'une histoire d'amour totale, à la fois douce et ravageuse, plus forte que tout ce que j'aurais pu imaginer.
Toute petite, plein de cheveux, la peau douce et d'un calme olympien. Je suis amoureuse.
Le papa aussi.
Et la grande soeur se fend la poire!
La suite avant la fin du mois les droughies!