Mes choupinous, aujourd’hui j’hésite : debrief Irving ou debrief King ?
Je crois qu’on va « se débarrasser » de King (oui, vous avez bien lu) parce que j’ai pas mal de trucs à dire sur les deux Irving que j’ai avalés à la suite. Et comme c’était mon dépucelage Irvingien, ça mérite qu’on s’y attarde un peu. Si. C’est pas tout les jours que je me fais sauter la rondelle, les gars.
Voici donc le dernier King, « Docteur Sleep ». En moins de trois ans Stephen nous a pondu trois romans, et celui-là était peut-être de trop, après les super réussites qu'ont été "11-22-63 » et « Joyland ».

Oui ben on a failli s'endormir aussi, hein.
SK nous livre ici une suite à « The Shining ». Enfin, pas vraiment une suite. La jaquette nous annonce qu’on va savoir ce qu'est devenu Danny « Doc » Torrance, le petit garçon (redrum et tout et tout, remember ?)
Là, Danny , qui pédalait tranquillement sur son tricycle, tombe sur deux jumelles mortes (et vilaines) qui lui demandent de jouer avec elles. Mais vas-y, quoi!
Moi j’aurais aimé reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée, quand l’Overlook, après la crise de démence finale de Jack le papa à la hache et le sauvetage in extremis de Danny et sa mère, avait cramé. Mais non.
On retrouve Danny (devenu Dan) de nos jours, la trentaine bien sonnée. Il erre de ville en ville, de job en job, toujours une bouteille à la main. Car Danny est alcoolique. Comme son père. Ce qui, compte tenu de ce qu’il a vécu autrefois et trimbalant toujours son Don (le fameux shining) n’est pas vraiment étonnant. Il reçoit d’ailleurs encore la visite de certains personnages rencontrés à l’Overlook (la morte décomposée dans la baignoire, le manager putréfié de l’hôtel_lovely), et ça il aime pas. Las de sa vie sans repères, Dan échoue dans un bled du New-Hampshire et prend un job d’aide-soignant à l’hospice local, où, grâce au Don, il aidera les patients à « passer » le moment venu. D’où son sobriquet de Docteur Sleep. Parallèlement il s’inscrit aux AA et débute son long chemin vers la sobriété (alléluia).
Au même moment naît dans le coin Abra, une petite gluante qui montre très tôt le même genre de dispositions que Dan. Dès qu’elle est en âge de le faire elle entre en contact télépathique avec lui (il y a beaucoup _trop ? de contacts télépathiques dans le roman) et les voilà désormais liés dans une lutte sans merci contre un groupe de nomades dotés eux aussi de pouvoirs paranormaux, mais les utilisant à de sales fins, les vilains. En clair, ces itinérants sont comme des vampires, se nourrissant de la vapeur des enfants comme Abra, qu’ils enlèvent et tuent après les avoir horriblement torturés.
Ensemble, et après s’être découvert un lien de parenté tiré par les cheveux pour ne pas dire ridicule, Dan et Abra viendront à bout des vampires surnaturels bouffeurs d’enfants sur le site même de feu (hihi!) l'Overlook.
Ouf ! Bon, le livre est confus comme mon résumé et pas vraiment convaincant. Touffu mais bizarrement manquant de substance, difficile à suivre (quand on ne suit pas des transmissions de pensées, on doit essayer de comprendre qu'un personnage esr carrément entré dans la tête de l'autre et a pris son identité. Ouille). Décousu, truffé d’invraisemblances, sans personne à qui s’identifier (moi du moins) bref, c’est loin d’être le meilleur King. Et pour moi qui apprécie surtout la façon dont il parvient généralement à décrire ses personnages et leurs interactions, c’est une amère déception. Trop d’action et pas assez de fond ? Trop de surnaturel et d’ABRAcadabrant (haha) ? Sans doute.
Quoiqu’il en soit, si vous êtes encore King-vierge, ne choisissez pas « Docteur Sleep » pour vous déflorer. Plutôt l’un des deux cités plus haut. C’est important une première fois, on s’en souvient.
C’est pour ça que la prochaine fois on parlera de John Irving.
A plus mes droughies !