Or donc, je disais dans mon post précédent que Fille Cadette avait étudié les contes en classe, et que son prof se plaignait que ses élèves (âgés de 11 ans, je le rappelle à toutes fins utiles) ne saisissent pas la portée psychanalytique desdits textes. Alors il y a remédié, se référant pour ce faire à l'ouvrage de Bruno Bettelheim, "Psychanalyse des Contes de Fées".
Je suis tombée sur les lignes suivantes, copiées soigneusement dans le classeur de ma fille: "Dans Le Petit Chaperon Rouge, le Loup représente le dangereux séducteur, le vil tentateur (= le sexe, le mâle) alors que le Chasseur incarne le père, fort et responsable, qui sauve l'enfant" (Mouais).
Viens me voir Chaperon, j'ai un (gros) truc à te montrer.
"Une fois ressorti du ventre du Loup, le PCR est capable d'entretenir des relations positives avec ses parents (rappelons que la vilaine petite pouffe avait cédé aux sirènes du Loup-teub qui lui conseillait d'aller cueillir des fleurs dans la forêt alors que sa môman lui avait interdit de traîner en chemin); elle cesse d'être une enfant et renaît à la vie en tant que jeune fille" (= pure = vierge).
Comme moi!
Tout ça m'a amenée à plusieurs réflexions.
D'abord et avant tout, en 6ème les gosses sont bien trop jeunes pour saisir et/ou comprendre toute cette symbolique. Mieux, ils s'en foutent, et c'est pas plus mal.
Ensuite, j'en ai parlé à l'Homme, qui est tombé des nues. "Tu me connais, je suis très terre à terre" m'a-t-il rappelé. Alors j'ai entrepris de faire un peu son éducation.
Bon, Blanche-Neige, cette conne, on l'a prévenue que la reine essaierait de la tuer de nouveau. Parle à mon cul! Elle se laisse passer la ceinture autour de la taille, mettre le peigne empoisonné dans les cheveux et croque la pomme (alors LA, pour la symbolique!!!). Et puis elle vit avec sept nains. Hum.
Sept nains = sept bites.
La Belle au Bois Dormant se pique avec le rouet (symbole phallique) et le Prince vient la réveiller par un baiser (seeeeexe!) Peut-on en conclure qu'il l'a pour ainsi dire violée dans son sommeil? On n'en est pas loin.
Cendrillon la godiche se fait enfiler la pantoufle par le Prince! (Là excusez-moi mais je vais prendre une douche froide).
Et qu'ont en commun les trois héroïnes susmentionnées, mmm? Elles sont belles, oui! Et la beauté c'est la vanité (c'est bien connu), et la vanité doit toujours être punie. Tenez-le vous pour dit, celles de mes lectrices qui sont belles (toi oui, non pas toi, toi non plus). Moi je suis tranquille de ce côté là. La paresse aussi est punie puis récompensée (toujours par des noces royales) dans "Les Trois Fileuses"; la gourmandise dans "Hänsel et Gretel"; la convoitise dans "La Belle et la Bête" (et la Bête, comme zboub symbolique, elle se pose là).
Quant à Pinocchio et son tarbouif à rallonge, houlàlà!
Belle érection nasale, Monsieur!
L'Homme: "pour moi ces contes c'était pour la plupart des histoires d'amour un peu gnagnan pour les enfants". Mais oui, mon chéri. Et les flingues, les grosses voitures, la Tour Eiffel, l'Obélisque? Non? "Ah bé oui mais si on va par là, tout est cul!"
Oui, finalement il a raison. Mieux vaut ne pas tout interpréter, sinon on n'a jamais fini.
Parfois, le 1er degré, ça a du bon!